• A l’atelier grouper les gens par niveau et travailler par productivité
  • Prévoir un salaire un peu plus haut
  • Récolter plus de fonds pour pouvoir héberger plus de monde, surtout quand il fait froid
  • Demander aux riches de partager leur argent et le donner aux pauvres
  • Faire de sorte que nous puissions nous donner un coup de main, nous entraider
  • S’aimer, aimer tout le monde, c’est une manière de responsabilité, pour la cuisine, la buanderie …
  • Le directeur actuel fait son mieux
  • Favoriser le bénévolat, surtout pour les vacances et les sorties
  • Faire de sorte que tout le monde puisse participer ; me prendre aussi avec, malgré mes difficultés de santé.
  • J’aimerais avoir quelqu’un comme bénévole
  • Le personnel de notre service ne peut pas m’accompagner ; ils ont trop de travail
  • J’ai perdu mes jambes, mais pas ma tête

A l’Institution de Lavigny un travail important sur sa charte a été fait en 2010, travail que nous avons prolongé dans notre atelier « La Chouette et la Lune ».

Nous avons d’abord parlé des valeurs qui pour les résidents étaient les plus importantes. Celles-ci, nous les avons ensuite mises en relation avec les valeurs  mentionnées dans la charte.

Voici le résultat :

Pour les résidents il fallait mettre

  • la gentillesse avec l’accueil, l’accompagnement et le respect
  • la sincérité avec l’accueil, l’accompagnement et le partenariat
  • la famille et les parents avec l’accueil, l’accompagnement et la participation
  • l’amour et l’amitié avec le partenariat et la participation
  • et tenir les promesses et les engagements avec le partenariat

Une certaine hésitation d’attribuer ce qui leur semblait important clairement à l’une ou l’autre des valeurs institutionnelles était palpable.

Quand on regarde de plus près les deux listes, on s’aperçoit qu’elles se distinguent au niveau de l’arrière-fond :

  • Le liste des résidents est dominée par des valeurs communautariennes. Le côté relationnel est fortement présent, le bien-être et des aspects affectifs l’emportent sur le contractuel. Ils n’hésitent pas à parler d’amour et d’amitié, de réalités dont les professionnels se méfient ; distance thérapeutique et éducative, ainsi que professionnalisme obligent. Avec Guy Durand, on voit que les résidents sont largement du côté de l’Être et du Bien, donc plus dans les valeurs que dans les principes.
  • La liste institutionnelle est davantage contractuelle, et les principes, – qui pour Guy Durand « donnent des grandes orientations à l’action, fixent des attitudes » -, l’emportent sur le Bien et l’Être, donc les valeurs. En un mot, elle est libérale.

Cette différence est logique : les résidents cherchent d’abord le bien-être dans le vivre ensemble, les institutions d’aujourd’hui, dans un monde où l’individu et son autonomie, ainsi que tout ce qui est de l’ordre du contractuel et procédural prédominent, penche vers la définition d’un cadre sans trop se prononcer comment celui-ci est habité.

Armin Kressmann 2010